ELOGE FUNEBRE MARTINE WIERZBINSKI

Martine

JEUDI 15 JANVIER 2026

Par Serge BERRIER, Président de la Mutualité Française du Tarn-et-Garonne


Martine, Martine notre Amie, Martine mon Amie.

On te savait si forte que jamais on aurait pu penser que la maladie te vaincrait. Hélas, jeudi 8 janvier dernier, tu as lâché prise face à l’inexorable puissance de ce mal du siècle.

Décontenancés, abasourdis, ta famille, tes indéfectibles et innombrables amis sont là aujourd’hui pour te rendre l’hommage que tu mérites ô combien.

Ayant eu la chance et le privilège de te rencontrer, de partager avec toi, avec Bernard et toute ta grande famille, des moments de vie, tous domaines confondus, j’avoue qu’une parcelle de vide s’installe.

Nous ne sommes rien, nous ne savons presque rien, nous ne vivons qu’un moment, mais ce presque rien entre deux néants aura été un tout, un instant de lumière que tu nous as offerte, Martine.

Alors Martine, je voudrais essayer humblement de retracer ton exceptionnel parcours de vie, et pardonne-moi si des imprécisions, des omissions apparaissent, car il y a tant à dire, surtout lorsque l’on doit écrire quelques mots au sujet d’une grande dame pour qui on a beaucoup d’affection.

C’est dans le Nord de la France, et plus précisément à Seclin, que Martine vît le jour le 31 décembre 1948 au sein d’une famille aimante. Une famille du monde de la terre qui connait le rythme des saisons, qui sait que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest.

Après de brillantes études, bac scientifique en poche, elle débute un parcours professionnel en optant pour une carrière d’enseignante. C’était sa vocation. Elle obtient son certificat d’aptitude professionnelle d’institutrice en 1970.

Esprit vif et curieux, elle se spécialise comme professeur de classe de transition, domaine éducatif complexe réservé aux enfants éprouvant des difficultés vis-à-vis du système scolaire traditionnel.

Et puis, sur le chemin de la vie, elle rencontre son beau militaire : Bernard. Cédant à son charme, elle l’épouse exactement le 20 juillet 1974. C’est à partir de cette date que commence la transhumance amoureuse maritale quasi annuelle de Martine. Oui, c’est vrai, les épouses de militaires partagent leurs vagabondages professionnels.

Enseignante à Fréjus dans le Var, puis dans le Bas-Rhin, puis dans le Morbihan, puis en Maine-et-Loire et enfin dans le Tarn-et-Garonne. Ce fut la découverte du pays de Cocagne.

Elle s’accorde, si l’on peut dire, une pause professionnelle en 1978 pour élever ses fils, résultat logique de ce couple fusionnel.

De nouveau, elle repart en 1981 accompagner Bernard à Castres et exercer dans le Tarn sa belle profession. Puis, au bout de quatre ans, elle revient à Montauban.                 

Enfin, après un dernier intermède de trois ans à Angers, ils décident de ne plus quitter le plus beau département de France. Du Tarn-et-Garonne, elle en a fait son département d’adoption et de cœur.

Martine se retrouve, en 1990, enseignante en zone d’éducation prioritaire à l’école Georges-Lapierre de Montauban, et ce pendant six ans.

Ayant jeté leur dévolu sur l’agréable ville de Montech, où ils ont créé un superbe pied-à-terre, Martine rejoint l’école maternelle de cette ville pour en devenir la directrice, en assurant et assumant la mise en fonctionnement de la nouvelle et plus importante école maternelle du Tarn-et-Garonne.

Directrice respectable et respectée, elle a donné un rayonnement exceptionnel à l’école de la République. Combien d’enfants lui doivent la lumière à l’orée du savoir, du comportement, de la vie ! Pas facile de transmettre, pas facile de guider dans un monde instable aux repères évanescents. Elle aime son métier comme on aime son pays.

En parallèle à son activité professionnelle, hors du commun —je devrais dire plutôt en parallèle à sa vocation — Martine s’engage dès 1990 dans le monde associatif au sein de l’association qui gère la bibliothèque-centre de documentation du groupe scolaire Georges-Lapierre.

Enseignante dynamique, impliquée, ne concevant pas que son action s’arrête aux heures pédagogiques, elle accepte la présidence de cette BCD, comme on l’appelle, en assurant des ouvertures le soir, le mercredi et le samedi.      

Passionnante et passionnée, elle ne comptait pas ses heures, tant elle accordait avec raison de l’importance à la lecture, à la culture.

C’est donc tout naturellement, qu’arrivée à Montech, la municipalité la contacte, comme savent faire les élus intelligents, pour créer une association pouvant gérer et animer la bibliothèque municipale. Montech avait trouvé la perle rare.

En toute logique, elle préside aux destinées de cette importante structure et facilite son évolution pour en faire une médiathèque de grande qualité, avec des locaux fonctionnels, attrayants, et une dynamique remarquable.

Fidèle à ses engagements, à ses convictions, Martine, en toute logique, accepte la présidence de l’association des Amis de la bibliothèque municipale de Montech, dont elle éprouvait à juste titre une certaine fierté. 

Femme de caractère, de contacts, tolérante, exigeante, elle ne concevait pas de rester inactive, tant il y a de belles choses à réaliser relevant de l’intérêt général.

Elle faisait partie de ces belles personnes qui mettaient en pratique la devise : « servir et pas se servir ». Devise qui, hélas, est trop souvent oubliée par les gens qui approchent le pouvoir.

Connue et appréciée, estimée et rigoureuse, participative, elle n’a pu échapper aux sollicitations de la gestion municipale.

Avec son esprit curieux, son caractère, son indépendance, elle avait une vision de la société. Mais avec sa rigueur intellectuelle et sa grande tolérance, elle a accepté de participer à la gestion communale de Montech durant un mandat à partir de 2008.

En toute logique, elle fut pendant ces six ans maire adjointe chargée des affaires scolaires et périscolaires. Il eût été stupide de se priver d’une telle compétence. Vu sa dynamique, il lui fut confié également le poste d’adjointe au Centre communal d’action sociale. Tout ceci démontre parfaitement la philosophie de vie que Martine avait en elle.

Et enfin, son jardin secret, sa passion : son amour des animaux, notamment envers la race canine. Elle ne pouvait pas laisser en jachère le domaine du meilleur compagnon de l’homme.

Martine créa le club d’obéissance canine de La Clare à Albias en 2010, puis en devint la présidente en 2015 et le restera jusqu’à ce jour.

Très impliquée et, comme toujours, allant jusqu’au bout des choses, elle prend encore en 2017 la présidence de la commission d’utilisation territoriale du Tarn-et-Garonne, qui supervise l’ensemble des activités liées au sport canin et à ses nombreuses disciplines. Son mandat de présidente lui a toujours été unanimement renouvelé.

Fidèle à elle-même, elle acceptera d’être la secrétaire de l’association canine territoriale du Tarn-et-Garonne pendant la même période, sans discontinuité.

Martine, femme d’exception, aimant le travail bien fait, s’impliquant sans réserve dans toutes les actions qu’elle a choisies, dans toutes les actions qu’elle a acceptées.

Martine, femme aimante, appréciant la vie, ne sachant pas rester inactive. Martine femme à la générosité incommensurable.                 

Martine épouse, mère, grand-mère aimante, mamie confidente, exigeante, drôle et festive. Tes éclats de rires et tes « tu dis n’importe quoi » vont nous manquer.

À toi, Bernard, son époux, à ses enfants et ses petits-enfants, et à tous les membres de cette belle famille, je voudrais vous dire que vous pouvez être fiers de Martine, un exemple de vie.

Nous, ses amis, nous l’avons appréciée, nous l’avons aimée, car c’était une belle personne. C’était une grande dame qui mettait en pratique l’exigence de l’excellence. Je suis certain qu’elle a rejoint les étoiles et qu’elle en occupe une place de choix.

Au revoir Martine.

Je t’embrasse.

Serge Berrier